La vigilance, et ce qu'on ne voit pas venir
Le propre du manque de sommeil est qu'il dégrade aussi le jugement qu'on porte sur soi.
Le danger du manque de sommeil ne tient pas seulement à la baisse de performance. Il tient à ce que cette baisse s'accompagne d'une perte de la capacité à l'évaluer : plus la privation dure, plus l'écart se creuse entre les performances réelles et l'idée qu'on s'en fait. On se croit à peu près normal.
Les MICRO-SOMMEILS en sont la manifestation la plus dangereuse : des intrusions de sommeil d'une à trois secondes, yeux parfois ouverts, dont le sujet n'a aucun souvenir. Ils apparaissent bien avant qu'on se sente incapable de continuer.
La somnolence au volant est reconnue comme une cause majeure d'accidents graves, particulièrement sur autoroute et sur les trajets de nuit. Les signes d'alerte sont connus : bâillements répétés, paupières lourdes, difficulté à tenir la voie, kilomètres dont on ne se souvient pas.
Ce qui marche quand cela arrive : s'arrêter. Une pause avec une sieste courte, éventuellement précédée d'un café, restaure une partie de la vigilance. Ce qui ne marche pas : ouvrir la fenêtre, monter le son, se gifler. Ces gestes procurent une impression d'éveil sans rien restaurer, et ils font perdre les quelques minutes où l'on aurait pu s'arrêter.