Comment le cycle change en vieillissant
Le sommeil profond décline dès la trentaine. Le besoin, lui, ne bouge pas.
Le sommeil ne se dégrade pas d'un coup à la retraite. Il change progressivement, et la première transformation commence bien plus tôt qu'on ne l'imagine.
LE SOMMEIL PROFOND DÉCLINE DÈS L'ÂGE ADULTE. C'est la modification la plus précoce et la plus régulière : sa proportion diminue continûment à partir de la vingtaine, et elle est déjà nettement réduite à cinquante ans. Comme c'est la phase des ondes lentes qui porte la réparation et le nettoyage du cerveau, cette perte n'est pas anodine.
L'AMPLITUDE DU RYTHME S'APLATIT. Jeune, l'écart entre le maximum et le minimum quotidiens (de température, de mélatonine, de cortisol) est marqué. Avec l'âge, ces courbes s'aplatissent : le signal « c'est la nuit » devient moins net, et le sommeil moins consolidé.
L'HORLOGE S'AVANCE. À partir de la soixantaine, l'endormissement et le réveil se déplacent vers des heures plus précoces, l'exact miroir de l'adolescence, avec une capacité réduite à s'adapter à un décalage.
LE SOMMEIL PARADOXAL RÉSISTE MIEUX. Sa proportion diminue peu jusqu'à un âge avancé. En revanche, un trouble spécifique peut apparaître : la paralysie musculaire qui l'accompagne se lève partiellement, et la personne vit physiquement ses rêves. Ce trouble du comportement en sommeil paradoxal justifie une consultation neurologique. Il n'a rien de banal.
CE QUI NE CHANGE PAS. La durée des cycles, environ quatre-vingt-dix minutes à tout âge. Et le BESOIN : sept à huit heures restent nécessaires après soixante-cinq ans. L'idée que « les personnes âgées ont moins besoin de dormir » est fausse ; ce qui diminue, c'est la capacité à dormir d'un seul tenant.