Les somnifères : ce qu'ils font, et à quel prix
Efficaces vite, ils s'épuisent. Ce qu'il faut savoir avant d'en prendre, et pour en sortir.
Sous le mot « somnifère » se cachent des familles très différentes, et les confondre mène à de mauvaises décisions.
- LES BENZODIAZÉPINES ET APPARENTÉES (les « Z ») sont les hypnotiques classiques. Elles raccourcissent bien l'endormissement. Elles exposent à la tolérance (il en faut davantage pour le même effet), à la dépendance, et à un rebond d'insomnie souvent pire qu'avant à l'arrêt. Elles altèrent aussi l'architecture du sommeil : on dort, mais moins profondément qu'il n'y paraît.
- LES ANTIHISTAMINIQUES sédatifs, en vente libre, endorment par effet secondaire. Ils laissent fréquemment une somnolence le lendemain, une bouche sèche, et perdent leur effet en quelques jours.
- LA PHYTOTHÉRAPIE (valériane, passiflore) a peu d'effets indésirables et peu d'effet démontré. Elle peut servir de rituel, pas de traitement.
- LA MÉLATONINE n'est pas un somnifère : c'est un signal d'heure. Voir la fiche qui lui est consacrée.
CE QUE DISENT LES RECOMMANDATIONS
Chez l'adulte, le traitement de première intention de l'insomnie chronique n'est pas médicamenteux : c'est la thérapie cognitivo-comportementale. Les hypnotiques gardent une place courte et ponctuelle (quelques jours, quelques semaines au plus) décidée avec un médecin.
Les risques augmentent nettement avec l'âge : chutes, troubles de la mémoire, confusion. Chez la personne âgée, le rapport bénéfice-risque est souvent défavorable.
SI VOUS EN PRENEZ DEPUIS LONGTEMPS
⚠️ N'arrêtez jamais brutalement. L'arrêt d'une benzodiazépine prise au long cours peut provoquer un syndrome de sevrage sérieux. La décroissance se fait progressivement, sur des semaines ou des mois, avec votre médecin, et elle réussit d'autant mieux qu'elle s'accompagne d'une thérapie du sommeil.