Après soixante ans, le sommeil change de forme
Moins profond, plus fragmenté, plus précoce, et ce n'est pas toujours une maladie.
Trois évolutions accompagnent l'âge. Elles sont normales, et le savoir évite d'aller chercher une maladie là où il n'y en a pas.
L'HORLOGE S'AVANCE. On s'endort plus tôt et l'on se réveille plus tôt. C'est l'inverse exact de l'adolescence, et cela s'accompagne d'une moindre capacité à décaler son rythme.
LE SOMMEIL PROFOND DIMINUE. Sa part baisse progressivement à partir de l'âge adulte. Le sommeil devient plus léger, donc plus sensible au bruit, à la lumière et aux douleurs.
LA NUIT SE FRAGMENTE. Les éveils nocturnes se multiplient, souvent avec des levers pour uriner. Une partie du sommeil se redistribue vers la journée sous forme de somnolences.
CE QUI N'EST PAS NORMAL, en revanche : une somnolence qui empêche les activités, un ronflement avec pauses, des jambes impatientes le soir, une insomnie qui s'installe après un événement, ou des réveils très précoces avec tristesse. L'âge sert trop souvent d'explication à des troubles qui se traitent.
UN POINT DE VIGILANCE PARTICULIER : les somnifères. Leur usage prolongé est fréquent dans cette tranche d'âge, et il expose à des chutes, à une altération de la mémoire et à une dépendance. Toute réévaluation se fait avec le médecin prescripteur, et jamais par un arrêt brutal.
Enfin, une part importante des troubles du sommeil après soixante ans vient d'autres causes : douleurs, prostate, insuffisance cardiaque, effets de médicaments. Ce sont elles qu'il faut chercher, pas une fatalité liée à l'âge.