L'adolescent qui ne s'endort pas n'est pas capricieux

À la puberté, l'horloge recule de deux à trois heures. Physiologiquement.

Au moment de la puberté, la sécrétion de mélatonine se décale : elle commence plus tard dans la soirée. L'adolescent ne peut pas s'endormir à l'heure qui lui convenait deux ans plus tôt, même en le voulant. Ce retard de phase est un phénomène biologique, observé dans toutes les cultures, y compris là où les écrans n'existent pas.

Le besoin, lui, reste élevé : huit à dix heures. Comme les cours commencent tôt, la dette s'accumule du lundi au vendredi, se rattrape partiellement le week-end par des levers très tardifs, ce qui recule encore l'horloge, et rend le lundi pire que le précédent.

CE QUI EN DÉCOULE. Une somnolence en classe qui n'a rien à voir avec l'intérêt du cours. Une irritabilité et une labilité de l'humeur que le manque de sommeil suffit à expliquer en grande partie. Et un risque accru sur la route pour les plus âgés.

CE QUI AIDE VRAIMENT. La lumière du matin, dès le lever, y compris en marchant jusqu'au collège. Limiter le décalage du week-end à une heure ou deux plutôt que quatre. Et, si c'est possible, ne pas empiler activités et écrans dans la dernière heure.

CE QUI N'AIDE PAS. Imposer une heure de coucher très en avance sur l'horloge : cela produit du temps passé au lit sans dormir, donc l'apprentissage de l'insomnie. Mieux vaut agir sur le lever et la lumière.

Les recommandations de report des horaires scolaires reposent sur ces données, et les expériences menées ailleurs montrent un gain mesurable.