À quoi sert un score de sommeil
Ce qu'il peut dire, ce qu'il ne peut pas dire, et le piège de le regarder de trop près.
Un score de sommeil n'est pas une mesure. C'est un RÉSUMÉ : il compresse en un seul nombre la durée, l'efficacité et le ressenti, pour rendre comparable ce qui, sinon, ne l'est pas.
Sa valeur ne tient pas au chiffre du jour. Elle tient d'abord à la trace : personne ne se souvient de ses quinze dernières nuits, et ce relevé permet de relier une mauvaise semaine à ce qui l'a précédée.
Elle tient ensuite à la comparaison : une moyenne passée de soixante à soixante-quinze après trois semaines de coucher régulier est une information solide ; un score de soixante-douze un mardi n'en est pas une.
Elle tient enfin au partage : un médecin lit un relevé de deux semaines en quelques secondes, là où un récit de mémoire ne lui apprend presque rien.
CE QU'IL NE PEUT PAS FAIRE. Aucun score grand public ne mesure les phases de sommeil avec fiabilité : même les meilleurs objets se trompent souvent entre sommeil léger, profond et paradoxal. Un score n'est pas un diagnostic, et il n'a aucune valeur comparé à celui d'une autre personne : les échelles diffèrent d'une application à l'autre, et les besoins diffèrent d'un individu à l'autre.
LE PIÈGE À CONNAÎTRE. Il porte un nom : l'orthosomnie (l'anxiété née de la poursuite d'un sommeil parfaitement noté). Des personnes dorment moins bien depuis qu'elles surveillent leur sommeil, se couchent en pensant à leur score, et vérifient au réveil avant même de savoir comment elles se sentent. Si vous vous reconnaissez : le bon geste est de noter vos nuits et de ne regarder les courbes qu'une fois par semaine. Le ressenti au réveil reste le juge de paix : c'est la seule mesure qui n'a jamais besoin d'être calibrée.