Ronfler : quand c'est bénin, quand ça ne l'est pas

Le bruit n'est pas le problème. Ce qu'il peut signaler, si.

Le ronflement vient de la vibration des tissus mous du fond de la gorge lorsque l'air passe dans un conduit rétréci. Pendant le sommeil, les muscles se relâchent, le passage se réduit, et le flux devient turbulent.

CE QUI L'AGGRAVE. Le sommeil sur le dos, qui laisse la langue reculer. L'alcool et les somnifères, qui relâchent davantage la musculature. La prise de poids, notamment au niveau du cou. L'obstruction nasale, qui oblige à respirer par la bouche. Le tabac, par l'inflammation. Et l'âge.

QUAND C'EST BÉNIN. Un ronflement léger, sans pause, sans somnolence dans la journée, sans réveil en sursaut. Il gêne surtout le partenaire, ce qui n'est pas rien : le sommeil de celui qui subit est objectivement dégradé.

QUAND CE N'EST PAS BÉNIN. Un ronflement fort et régulier, entrecoupé de silences puis d'une reprise bruyante, avec une somnolence en journée, des réveils avec sensation d'étouffement, des maux de tête matinaux, ou une tension difficile à équilibrer. Cette combinaison fait rechercher une apnée du sommeil, et elle se cherche par un enregistrement.

CE QUI PEUT AIDER EN ATTENDANT. Dormir sur le côté, désobstruer le nez, éviter l'alcool le soir, surélever légèrement la tête du lit. Ce sont des mesures de confort : elles ne remplacent pas l'exploration quand les signes d'alerte sont présents.

Les dispositifs vendus sans ordonnance agissent sur le bruit, pas sur les apnées. Traiter le bruit sans avoir écarté l'apnée revient à éteindre l'alarme sans regarder ce qui la déclenche, d'où l'intérêt d'en parler à un médecin avant d'acheter quoi que ce soit.