Pourquoi les tisanes calment

Trois raisons, et la plus forte n'est pas celle qu'on croit.

Une tisane du soir fonctionne pour beaucoup de gens. La question intéressante est de savoir par quoi.

PREMIÈRE RAISON : LE RITUEL. Une tisane, c'est une séquence répétée à la même heure : faire chauffer l'eau, attendre, boire lentement. Le cerveau apprend par association : un enchaînement stable finit par annoncer le sommeil, comme le fait une histoire pour un enfant. C'est le mécanisme le plus solide des trois, et il ne doit rien à la plante.

DEUXIÈME RAISON : LA CHALEUR. Une boisson chaude provoque une dilatation des vaisseaux de la peau, donc une déperdition de chaleur, donc une baisse de la température interne, le signal dont l'endormissement dépend. C'est le même mécanisme que le bain chaud du soir, en plus modeste.

TROISIÈME RAISON : LES PLANTES. C'est la plus incertaine. La camomille contient un composé qui se fixe faiblement sur les récepteurs du GABA, les mêmes que ceux des somnifères, mais à une intensité sans commune mesure. La valériane est la plus étudiée : les résultats sont contrastés et l'effet, s'il existe, reste modeste. Le tilleul et la verveine n'ont presque pas été évalués. Aucune tisane ne contient de quoi produire un effet pharmacologique franc, et c'est plutôt une bonne nouvelle : sinon il faudrait parler d'accoutumance.

CE QUI PEUT GÊNER. Boire un grand volume tard fait se lever la nuit, un point à surveiller après cinquante ans. Et attention aux thés verts ou aux mélanges contenant du maté : ils sont caféinés.

CE QU'IL FAUT EN RETENIR. Le rituel vaut mieux que la plante. Quelqu'un qui remplacerait sa tisane par un verre d'eau chaude bu dans les mêmes conditions obtiendrait sans doute une bonne partie du bénéfice. Ce n'est pas une raison pour s'en priver : un rituel qui plaît est un rituel qu'on tient.