Le poids et le sommeil, dans les deux sens

Mal dormir fait grossir, et le surpoids fait mal dormir. Casser le cercle commence par la nuit.

La relation va dans les deux sens. C'est ce qui la rend difficile à démêler.

LE SOMMEIL COURT FAVORISE LA PRISE DE POIDS. Deux hormones règlent l'appétit : la leptine, qui signale la satiété, et la ghréline, qui déclenche la faim. Le manque de sommeil fait baisser la première et monter la seconde. S'y ajoutent une préférence marquée pour les aliments gras et sucrés, une moindre sensibilité à l'insuline, et davantage d'heures éveillées pendant lesquelles manger.

LE SURPOIDS DÉGRADE LE SOMMEIL. Le tissu adipeux au niveau du cou et de la gorge réduit le calibre des voies aériennes : c'est le facteur de risque principal du syndrome d'apnées obstructives. La graisse abdominale gêne aussi la mécanique respiratoire en position allongée, et le reflux est plus fréquent.

LE CERCLE. Apnées non traitées → sommeil fragmenté → hormones de l'appétit déréglées et fatigue qui décourage l'activité → prise de poids → apnées aggravées.

PAR OÙ LE CASSER. Une perte de poids modérée (de l'ordre de 10 %) améliore souvent nettement l'indice d'apnées. Mais traiter les apnées d'abord rend la perte de poids possible : on ne perd pas de poids quand on est épuisé et que la faim est déréglée.

⚠️ Si vous ronflez fort et que le poids est un sujet, l'ordre des choses compte : parlez-en à votre médecin avant d'entamer un régime seul. Voir la fiche sur l'apnée du sommeil.