Les quatre états du sommeil
Ce qui se passe, précisément, dans chacun d'eux.
On parle de « sommeil » comme d'un seul état. Il y en a quatre, et ils ne servent pas à la même chose. Un enregistrement les distingue par l'activité électrique du cerveau, les mouvements des yeux et le tonus musculaire.
N1 : L'ENDORMISSEMENT. Une à sept minutes, la bascule. Les pensées deviennent incohérentes, les muscles lâchent, parfois par une secousse brusque qui réveille. On peut nier avoir dormi si on est réveillé à ce moment-là : c'est l'un des mécanismes qui font sous-estimer sa propre nuit.
N2 : LE SOMMEIL LÉGER. Environ la moitié de la nuit. Le cerveau y produit deux figures caractéristiques : les fuseaux, brèves salves rapides, et les complexes K. Les fuseaux ne sont pas décoratifs : ils accompagnent le transfert des apprentissages de la journée vers la mémoire durable, et ils protègent le sommeil des bruits extérieurs.
N3 : LE SOMMEIL PROFOND. Ondes lentes et amples, le corps est difficile à réveiller. C'est la phase de la réparation : sécrétion d'hormone de croissance, restauration des tissus, et nettoyage du cerveau. Elle se concentre dans les deux ou trois premiers cycles, ce qui explique qu'une nuit écourtée par le début coûte particulièrement cher.
LE SOMMEIL PARADOXAL. Ainsi nommé parce que le cerveau y est presque aussi actif qu'à l'éveil pendant que le corps est totalement paralysé : une paralysie protectrice, qui empêche de vivre ses rêves. Les yeux bougent rapidement sous les paupières. C'est la phase des rêves construits, et celle où la mémoire émotionnelle se réorganise. Elle domine la fin de nuit.
Cette paralysie explique deux phénomènes déroutants : la paralysie du sommeil, quand la conscience revient avant le tonus, et le fait qu'un cauchemar de fin de nuit soit vécu immobile.