Le sommeil quand on a de jeunes enfants
Une privation subie, sans levier d'hygiène : elle appelle d'autres réponses.
La plupart des conseils sur le sommeil supposent qu'on décide de son heure de coucher. Les parents d'un nourrisson ne décident de rien, et les mêmes conseils y sonnent creux, parfois culpabilisants.
CE QUE C'EST VRAIMENT. Pas une insomnie : l'endormissement est immédiat, l'envie de dormir intacte. C'est une fragmentation imposée de l'extérieur. Les réveils répétés amputent surtout le sommeil profond de la seconde partie de nuit. D'où une fatigue de nuit très courte, même quand le total dormi paraît correct.
CE QUI AIDE, ET C'EST PEU GLORIEUX. La sieste, sans culpabilité : ici, c'est le seul levier réel. Le partage des nuits en blocs : une personne qui dort quatre heures d'affilée récupère mieux que deux qui se réveillent chacune deux fois. Et l'abandon assumé du reste : le rangement et les courriels du soir peuvent attendre quelques mois, le sommeil non.
CE QUI N'AIDE PAS. Se coucher très tôt pour rattraper finit en longues heures éveillé au lit. Le café de fin de journée coûte la qualité du peu qu'on dort. Et se comparer à d'autres parents ne renseigne sur rien : la variabilité entre enfants est considérable. Le sommeil des nourrissons se consolide au cours de la première année ; celui des parents suit, avec du retard.
QUAND EN PARLER À UN MÉDECIN. Si l'épuisement s'accompagne de tristesse persistante, d'anxiété envahissante ou d'un sentiment de ne plus y arriver, cela mérite une consultation sans attendre, chez la mère comme chez l'autre parent. Le sommeil de l'enfant, lui, relève du pédiatre : les repères de cette application sont ceux de l'adulte et ne s'y appliquent pas.