Le jeûne et le sommeil
Ne pas manger le soir aide souvent. Ne pas manger du tout est une autre affaire.
Le jeûne agit sur le sommeil dans les deux sens, selon la forme qu'on lui donne.
CE QUI AIDE : L'ARRÊT PRÉCOCE. Cesser de manger trois à quatre heures avant le coucher laisse la digestion se terminer, évite la production de chaleur au moment où la température doit descendre, et supprime le pic de glycémie tardif dont la redescente réveille au milieu de la nuit. C'est la forme la mieux documentée, et la plus facile à tenir : elle ne supprime aucun repas, elle les déplace. Elle place aussi la fenêtre alimentaire en phase avec l'horloge, qui traite mieux le glucose le matin : la même quantité de sucre n'a pas le même effet à 8 h et à 22 h.
CE QUI GÊNE : LE JEÛNE PROLONGÉ. Au-delà de vingt-quatre heures, plusieurs travaux rapportent un sommeil plus léger, davantage d'éveils, parfois moins de sommeil paradoxal. Le mécanisme est cohérent : la restriction augmente l'orexine, un neuropeptide de l'éveil et de la recherche de nourriture. Un organisme qui manque de ressources est censé chercher, pas dormir. S'y ajoute la faim, qui retarde l'endormissement.
CE QU'ON EN RETIENT. Déplacer les repas vers le début de journée est un levier sérieux et sans coût. Sauter le dîner par principe est un pari : les premières nuits sont souvent moins bonnes, et c'est normal. Un jeûne prolongé, chez quelqu'un qui dort déjà mal, ajoute une difficulté à une autre.
Toute pratique de jeûne prolongé ou répété se discute avec un médecin, en particulier en cas de diabète, de traitement en cours, d'antécédent de trouble du comportement alimentaire, ou pendant une grossesse.