Comment une mauvaise passe devient une insomnie durable
Trois facteurs, et le troisième est le seul sur lequel on peut agir.
Presque tout le monde traverse des périodes de mauvaises nuits : un deuil, un déménagement, un dossier, une inquiétude. Chez la plupart, cela passe avec l'événement. Chez d'autres, l'insomnie reste après que la cause a disparu. Le modèle qui explique le mieux ce passage distingue trois facteurs.
LES FACTEURS PRÉDISPOSANTS. Le terrain : tendance à l'anxiété, hyperactivité mentale, antécédents familiaux, sensibilité au bruit. On ne les choisit pas et on ne les change pas.
LE FACTEUR DÉCLENCHANT. L'événement. Il explique le début, et seulement le début.
LES FACTEURS D'ENTRETIEN, le maillon qui décide de tout le reste. Ce sont les stratégies mises en place POUR mieux dormir, et qui aggravent le problème : aller au lit plus tôt pour « prendre de l'avance », y rester le matin pour récupérer, faire la sieste, annuler ses activités par prudence, surveiller l'heure la nuit, s'inquiéter à l'avance de la nuit qui vient. Chacune est raisonnable, et chacune ajoute du temps éveillé au lit ou de l'anxiété d'anticipation.
LE MÉCANISME CENTRAL. Le lit cesse d'annoncer le sommeil et se met à annoncer l'éveil et l'inquiétude. Ce conditionnement s'installe en quelques semaines et se maintient tout seul : c'est pourquoi l'insomnie survit à sa cause.
CE QUE CELA CHANGE. Les facteurs d'entretien sont les seuls modifiables, et ce sont ceux que visent les approches comportementales : ne pas rester éveillé au lit, ne pas allonger le temps passé au lit, garder une heure de lever fixe, reprendre ses activités.
Une insomnie présente au moins trois nuits par semaine depuis plus de trois mois, avec un retentissement dans la journée, mérite d'être évoquée avec un médecin, d'autant que sa prise en charge de référence n'est pas médicamenteuse.