La grasse matinée rattrape-t-elle la semaine ?

En partie seulement, et elle coûte quelque chose au lundi.

La question est légitime et la réponse est nuancée : oui pour certaines choses, non pour d'autres.

CE QUI SE RATTRAPE. La vigilance et le temps de réaction remontent après une ou deux nuits longues. La sensation subjective de fatigue s'améliore vite, souvent plus vite que les performances réelles — c'est d'ailleurs le piège : on se sent récupéré avant de l'être.

CE QUI SE RATTRAPE MAL. Plusieurs travaux montrent que la sensibilité à l'insuline et certains marqueurs métaboliques ne reviennent pas complètement à la normale après un week-end de récupération suivant une semaine de restriction. Et l'attention soutenue reste dégradée plus longtemps que le ressenti ne le laisse croire.

CE QUE ÇA COÛTE. Se lever trois heures plus tard le samedi et le dimanche recule l'horloge interne. Le dimanche soir, l'endormissement ne vient pas ; le lundi commence en dette et en décalage. C'est le mécanisme du décalage social, et il rend chaque lundi un peu plus difficile que le précédent.

LE COMPROMIS RAISONNABLE. Une heure, éventuellement une heure et demie de décalage le week-end, plutôt que trois. Si la dette est importante, mieux vaut la rattraper par une sieste courte l'après-midi que par un lever très tardif : la sieste ne déplace pas l'horloge.