La douleur et le sommeil s'aggravent l'un l'autre

Mal dormir abaisse le seuil de la douleur. Avoir mal empêche de dormir. Le cercle se casse par les deux bouts.

Le lien est bidirectionnel, et les deux sens sont documentés.

LA DOULEUR DÉGRADE LE SOMMEIL, de façon assez évidente : difficulté à trouver une position, réveils lors des changements de posture, sommeil plus léger. Les douleurs articulaires et dorsales sont particulièrement en cause parce qu'elles se réveillent à l'immobilité.

LE MANQUE DE SOMMEIL AUGMENTE LA DOULEUR, ce qui l'est moins. Une privation de sommeil abaisse mesurablement le seuil de perception douloureuse chez des personnes en bonne santé : le même stimulus est perçu comme plus douloureux. Les mécanismes descendants qui freinent normalement les signaux douloureux fonctionnent moins bien.

Le cercle est donc complet, et il s'observe dans la plupart des douleurs chroniques : fibromyalgie, lombalgies, arthrose, migraines. Chez ces patients, la plainte de sommeil est presque constante.

CE QUI EN DÉCOULE EN PRATIQUE. Traiter le sommeil améliore souvent la douleur, indépendamment de tout antalgique. C'est une raison de ne pas considérer la plainte de sommeil comme secondaire. À l'inverse, un sommeil qui reste mauvais malgré une douleur bien contrôlée mérite d'être exploré pour lui-même.

Attention à un piège fréquent : certains antalgiques, notamment les opioïdes, fragmentent le sommeil et peuvent aggraver des apnées. Toute adaptation se discute avec le médecin qui suit la douleur.