Dormir trop, et se lever quand même fatigué
Une longue nuit qui ne repose pas n'est pas un excès de sommeil : c'est un sommeil de mauvaise qualité.
Presque tout ce qu'on lit sur le sommeil s'adresse à ceux qui n'en ont pas assez. Une partie des gens sont dans la situation inverse : neuf, dix, onze heures par nuit, et un réveil aussi difficile qu'après une nuit blanche. La durée n'est pas le problème. On ne se repose pas mal PARCE QU'on a trop dormi ; on dort longtemps parce que le sommeil ne répare pas, et le corps en redemande.
CE QUE CELA PEUT SIGNIFIER. Les causes se cherchent, et elles se traitent :
- L'apnée du sommeil, la première à éliminer : les micro-réveils fragmentent la nuit sans qu'on s'en souvienne. On dort dix heures en n'en récupérant que quatre.
- Une dette accumulée sur des semaines : les longues nuits sont alors un rattrapage normal, et elles s'arrêtent d'elles-mêmes.
- Une dépression, dont l'hypersomnie est un symptôme fréquent, au même titre que l'insomnie.
- Un médicament : antihistaminiques, certains antidépresseurs, anxiolytiques, antiépileptiques.
- Une hypothyroïdie, une anémie, une carence en fer ou en vitamine B12 : autant de choses qu'une prise de sang tranche.
- Plus rarement, une hypersomnie idiopathique ou une narcolepsie, qui relèvent d'un centre du sommeil.
CE QUI NE MARCHE PAS. Se forcer à dormir moins quand la nuit n'est pas réparatrice aggrave simplement la somnolence de la journée. La restriction de sommeil est un outil de l'insomnie, pas de l'hypersomnie : les deux se ressemblent de loin et demandent l'inverse l'un de l'autre.
CE QU'IL FAUT FAIRE. Notez vos nuits pendant deux semaines : durée réelle, heure de lever, état au réveil. Ce relevé vaut mieux qu'un long discours en consultation. Des longues nuits qui se répètent, avec une somnolence en journée, sont un motif de consultation en soi, et l'un des rares cas où la cause est presque toujours trouvable.