L'avion, la voiture, l'altitude
Trois situations où le sommeil se dégrade pour des raisons différentes.
Dormir assis, dormir en mouvement, dormir en altitude : trois contraintes différentes, qu'on range souvent sous le même mot, « mal dormir en voyage ».
EN AVION. La position assise est le premier obstacle : l'endormissement suppose une baisse de la température interne et un relâchement musculaire que la station assise gêne. S'y ajoutent le bruit continu, l'air très sec et la pressurisation de la cabine, qui correspond à une altitude de l'ordre de deux mille mètres. L'oxygène y est plus rare, et le sommeil un peu plus léger. Le sommeil obtenu en vol est réel mais fragmenté : il ne compense pas une nuit, il en atténue le manque.
EN VOITURE ET EN TRAIN. Le mouvement régulier favorise l'endormissement, comme il endort les nourrissons en poussette. Mais les accélérations et les virages provoquent des micro-réveils, et le sommeil reste léger. Pour un conducteur somnolent, une pause de vingt minutes vaut mieux que tous les cafés. Il n'existe aucune technique pour « tenir ».
EN ALTITUDE. Au-delà de deux mille mètres environ, la baisse d'oxygène perturbe la respiration pendant le sommeil : des pauses respiratoires alternant avec des respirations rapides apparaissent, en particulier en début de nuit. Le sommeil profond diminue, les réveils se multiplient. C'est banal et passager : l'acclimatation se fait en quelques nuits. Cela explique pourquoi les premières nuits en montagne sont mauvaises, alors même que l'air est pur et le silence total.
Aucune de ces trois situations ne dit quoi que ce soit de votre sommeil habituel. Une mauvaise nuit d'avion, de train ou de refuge reste une mauvaise nuit de circonstance.