Dormir à deux

Deux horloges, deux températures, une seule couette : les arbitrages.

Partager un lit apporte un bénéfice réel (le sentiment de sécurité abaisse la vigilance nocturne) et une série d'interférences bien identifiées.

LES CHRONOTYPES DIFFÉRENTS. Un couple composé d'une personne du matin et d'une personne du soir vit deux ou trois heures de décalage. Se forcer à se coucher ensemble pénalise l'un des deux, en général celui du soir, qui passera ce temps éveillé au lit, ce qu'il faut justement éviter. Le compromis raisonnable est le rituel commun, pas l'heure d'extinction commune.

LES MOUVEMENTS. Chacun bouge et change de position plusieurs dizaines de fois par nuit. Un matelas qui transmet les mouvements les fait subir à l'autre. C'est un critère d'achat plus important que la fermeté.

LA TEMPÉRATURE. Le besoin thermique diffère fortement d'une personne à l'autre, et il change avec l'âge et le cycle hormonal. Deux couettes séparées, pratique courante dans les pays nordiques, règlent la question mieux que n'importe quelle négociation.

LES RONFLEMENTS. Ils dégradent le sommeil de celui qui les subit, et cela se mesure. Ce n'est pas une question de tolérance : le partenaire d'un ronfleur important dort objectivement moins bien. Et c'est souvent lui qui repère les pauses respiratoires : l'information la plus utile qu'un médecin puisse recevoir.

FAIRE CHAMBRE À PART N'EST PAS UN ÉCHEC. La pratique est bien plus répandue qu'on ne le dit, et elle améliore souvent la relation autant que le sommeil. Elle mérite d'être discutée sans dramatisation.