Digérer, c'est travailler, et la nuit n'est pas faite pour ça

Ce que le sucre, le gras et l'heure du dîner font à la première moitié de nuit.

Un repas met en route une machinerie complète : sécrétion d'insuline, augmentation du débit sanguin digestif, production de chaleur. Trois processus qui vont chacun à l'encontre de ce que demande l'endormissement.

Glycémie pendant la nuit : creux en première partie, remontée à l'aube23 h3 h7 hphénomène de l'aubecreux
Un dîner très sucré creuse davantage, et la remontée hormonale qui corrige la chute est éveillante.

LA CHALEUR. Digérer produit de la chaleur : la température interne monte au moment précis où elle doit descendre. Un dîner copieux à une heure du coucher retarde l'endormissement, indépendamment de tout confort digestif.

LE SUCRE ET SA REDESCENTE. Un repas très sucré ou très raffiné produit un pic de glycémie, suivi d'une correction par l'insuline. Cette correction dépasse souvent la cible, et la glycémie redescend bas quelques heures plus tard. L'organisme corrige alors dans l'autre sens, en libérant adrénaline et cortisol, les deux signaux de l'éveil. C'est l'un des mécanismes les mieux identifiés derrière les réveils du milieu de nuit qui semblent sans cause.

LE REFLUX. S'allonger dans les deux heures qui suivent un repas favorise la remontée acide, souvent silencieuse : elle ne réveille pas franchement, elle allège le sommeil. Les repas gras, l'alcool et le tabac l'aggravent ; la position sur le côté gauche l'améliore.

L'ALCOOL, À PART. Il fait tout à la fois : sédatif à l'endormissement, il maintient ensuite la fréquence cardiaque haute, supprime une partie du sommeil paradoxal, relâche les voies aériennes (donc aggrave ronflements et apnées) et déclenche un rebond d'éveil quand il s'élimine, au milieu de la nuit.

ON DÉPLACE, ON NE SUPPRIME PAS. Le décalage compte davantage que la privation : dîner trois heures avant le coucher plutôt qu'une, déplacer le sucré vers le milieu de journée, arrêter l'alcool trois heures avant. Aucun de ces gestes ne demande de renoncer à quoi que ce soit. Se coucher très affamé perturbe le sommeil tout autant.