Le cortisol, l'autre horloge

Il devrait être au plus bas au coucher et bondir au réveil. Quand la courbe s'inverse, la nuit se casse.

On présente le cortisol comme « l'hormone du stress ». C'est réducteur : c'est d'abord une hormone du RYTHME, et sa courbe sur vingt-quatre heures est le miroir exact de celle de la mélatonine.

LA COURBE NORMALE. Le cortisol est au plus bas vers minuit : c'est cette chute qui autorise l'endormissement. Il remonte lentement pendant la seconde moitié de la nuit, puis bondit de cinquante à soixante-quinze pour cent dans les trente minutes qui suivent le réveil. Ce pic n'est pas un défaut, c'est le démarreur : il mobilise le glucose, monte la tension, remet la vigilance en route. Un pic émoussé accompagne les états d'épuisement, la sensation de « ne pas démarrer » malgré une nuit correcte.

QUAND LA COURBE S'INVERSE. Un stress prolongé maintient le cortisol haut le soir. Il faut alors s'endormir avec un signal biologique qui dit le contraire, d'où des heures à tourner sans que rien, dans les habitudes, ne semble en cause.

LE RÉVEIL DE TROIS HEURES DU MATIN. C'est le moment où le cortisol commence physiologiquement à remonter, alors que le sommeil profond a déjà été consommé. Un peu de tension, ou une glycémie qui redescend après un dîner sucré, et cette remontée suffit à faire basculer vers l'éveil. Ni mystérieux ni pathologique en soi : une rencontre entre une courbe hormonale et un sommeil devenu léger.

CE QUI DÉPLACE LA COURBE. La lumière du matin l'ancre : c'est le signal le plus puissant. Le sport intense en soirée la relève. L'alcool la perturbe en seconde moitié de nuit. Et le manque de sommeil élève le cortisol du soir suivant : le cercle se referme. Un dosage, lui, ne se lit jamais sur un prélèvement isolé : c'est la courbe qui a du sens, et son interprétation revient à un médecin.