Compléments et plantes : ce qu'on sait vraiment

Magnésium, valériane, passiflore, CBD : l'état des connaissances, sans complaisance.

Le rayon « sommeil » d'une pharmacie est vaste, et le niveau de preuve y est très inégal. Voici ce que l'on peut dire honnêtement, sans conseil d'usage, qui relève d'un pharmacien ou d'un médecin.

LE MAGNÉSIUM. Les études portant sur le sommeil sont peu nombreuses, de petite taille, et leurs résultats modestes et hétérogènes. Une carence avérée mérite d'être corrigée, et un déficit peut contribuer à des crampes ou à des jambes impatientes ; en dehors de ce cas, l'effet attendu sur le sommeil est faible. Ce n'est pas un produit anodin à forte dose : troubles digestifs fréquents, et prudence en cas d'insuffisance rénale.

LA VALÉRIANE est la plante la plus étudiée sur ce sujet. Les résultats restent contrastés : plusieurs travaux montrent une amélioration subjective de l'endormissement, peu de choses apparaissent sur les mesures objectives, et la qualité méthodologique est souvent faible. L'effet, s'il existe, est modeste.

LA PASSIFLORE, LE TILLEUL, LA CAMOMILLE. Peu de données solides. Leur intérêt tient sans doute autant au rituel qu'elles installent qu'à leur composition. Ce n'est pas une critique : un rituel régulier a une valeur réelle. LE CBD, lui, repose sur des données préliminaires et contradictoires, avec des interactions médicamenteuses possibles, notamment avec certains anticoagulants et antiépileptiques.

CE QU'IL FAUT RETENIR. Aucun de ces produits ne remplace les leviers dont l'effet est établi : la régularité du lever, la lumière du matin, la fraîcheur de la chambre, et le fait de ne pas rester éveillé au lit. Et un produit pris chaque soir depuis des mois, quel qu'il soit, est une question à poser à un professionnel — l'habitude s'installe plus vite que l'effet.