Le bruit, même quand il ne réveille pas
Le cerveau continue d'entendre. Et il réagit.
L'audition est le seul sens qui reste pleinement en veille pendant le sommeil — c'était le système d'alarme de l'espèce. Un bruit n'a donc pas besoin de réveiller pour agir : il provoque des allègements du sommeil et des micro-éveils dont on ne garde aucun souvenir.
Les effets mesurés sur le sommeil apparaissent à des niveaux sonores modestes, bien en dessous de ce qui semble gênant à l'éveil. Le bruit du trafic nocturne, en particulier, s'accompagne d'accélérations transitoires du rythme cardiaque même chez des dormeurs qui se déclarent non gênés. C'est sur cette base que les autorités de santé publique européennes recommandent des seuils de bruit nocturne.
CE QUI COMPTE PLUS QUE LE NIVEAU. L'IRRÉGULARITÉ. Un bruit constant est en grande partie ignoré ; un bruit qui surgit (une porte, un passage, un aboiement) provoque une réaction d'orientation. C'est pourquoi une ventilation régulière dérange moins qu'un voisin intermittent, à volume égal.
CE QUI MARCHE. Les bouchons d'oreilles, très efficaces à condition d'être adaptés et tolérés. Un bruit de fond régulier (ventilateur, bruit de pluie, bruit rose) qui ne supprime pas les bruits gênants mais réduit le CONTRASTE entre le silence et l'événement sonore, donc la réaction d'orientation. Les traitements du logement : double vitrage, rideaux épais, tapis.
Un cas particulier : les ronflements du partenaire, qui combinent volume élevé et irrégularité. Chambres séparées ou traitement du ronflement : le second vaut mieux, puisqu'il traite aussi ce qui le cause.