La nicotine, stimulant qui se réveille la nuit

Elle excite le soir, elle manque à 4 h du matin, et la fatigue du lendemain réclame sa dose.

Le paradoxe du fumeur qui « fume pour se détendre » se dénoue ici : ce que la cigarette apaise, c'est d'abord le manque qu'elle a créé. La nuit, ce manque travaille sans compensation possible, d'où un sommeil plus léger et plus haché que celui d'un non-fumeur, à durée égale.

  1. La cigarette du soir stimule : la nicotine est un excitant du même registre que la caféine, l'endormissement recule.
  2. Vers la fin de nuit, le manque s'installe — le corps d'un fumeur régulier entre en sevrage toutes les nuits — et le sommeil s'allège.
  3. Le réveil est fatigué, et la première cigarette soulage doublement : le manque, et la fatigue.
  4. La journée fume pour tenir, et la dépendance remonte jusqu'au soir… qui rejoue l'étape 1.

…et la boucle repart à l'étape 1.

Le point d'entrée est aussi le point de sortie : c'est pour cela qu'on casse une boucle n'importe où — au maillon le plus facile pour soi.

LE MAILLON FACILE : la dernière cigarette, pas la première. Avancer la dernière prise d'une à deux heures avant le coucher réduit à la fois l'effet stimulant à l'endormissement et la profondeur du manque nocturne. C'est un déplacement, pas un renoncement, et cela se voit dans les mesures.

⚠️ Les substituts (patch, gomme) posés le soir changent aussi la nuit, dans les deux sens selon le dosage : c'est un réglage à faire avec le médecin ou le pharmacien qui suit le sevrage.