Le café : la dette qui se paie en café

Il ne supprime pas la fatigue, il en masque le signal — et la nuit suivante rembourse avec intérêts.

Le piège de la caféine est sa discrétion : contrairement à l'alcool, elle ne fragmente pas la nuit de façon spectaculaire. Elle réduit la profondeur du sommeil (le sommeil lent profond, celui qui répare) chez des gens qui jurent sincèrement que « le café ne les empêche pas de dormir ». Ils s'endorment, en effet. Ils récupèrent moins.

  1. La fatigue du jour appelle un café — souvent l'après-midi, quand la pression de sommeil se fait sentir.
  2. La caféine bloque le récepteur de l'adénosine, la molécule qui compte les heures d'éveil : le signal de fatigue est masqué, pas effacé.
  3. Le soir, la moitié de la dose de 16 h circule encore : l'endormissement tient, mais le sommeil profond est raboté — souvent sans qu'on le sente.
  4. La nuit répare moins ; le réveil est plus lourd ; la fatigue appelle un café plus tôt, plus fort… étape 1.

…et la boucle repart à l'étape 1.

Le point d'entrée est aussi le point de sortie : c'est pour cela qu'on casse une boucle n'importe où — au maillon le plus facile pour soi.

La demi-vie de la caféine est de cinq à six heures : un double café à 16 h, c'est l'équivalent d'un simple qui circule encore à 22 h. Et elle varie beaucoup d'une personne à l'autre : certains la métabolisent en trois heures, d'autres en dix.

LE MAILLON FACILE : l'heure du dernier café, à tester sur vos propres données. Cochez « Caféine après 14 h » pendant deux semaines en variant l'heure : l'écart sur votre score dira votre sensibilité mieux qu'aucune moyenne de population.