Ce que l'alcool et le dîner font à votre nuit, en trois mesures
Le cœur qui ne ralentit pas, le sucre qui monte, la température qui ne descend pas.
Un verre et un dîner copieux ne « fatiguent » pas la nuit de façon vague. Ils agissent sur trois grandeurs que votre montre ou votre bague mesurent, et que vous pouvez donc vérifier vous-même.
LA TEMPÉRATURE DU CORPS. On s'endort parce que la température interne baisse, d'environ un demi-degré, en évacuant de la chaleur par les mains et les pieds. Or digérer produit de la chaleur, et l'alcool dilate d'abord les vaisseaux avant de dérégler la thermorégulation pendant plusieurs heures. Un dîner lourd à 22 h, c'est une chute de température retardée, donc un endormissement retardé, même fatigué.
LA FRÉQUENCE CARDIAQUE. Une bonne nuit se voit à un cœur qui descend nettement sous son repos de journée dans les premières heures. L'alcool fait l'inverse : le cœur reste haut, souvent de cinq à dix battements par minute au-dessus, pendant toute la première partie de nuit, et la variabilité cardiaque s'effondre. C'est mesurable dès un ou deux verres.
LA GLYCÉMIE. Un dîner sucré produit un pic, puis une redescente qui tombe souvent au milieu de la nuit. La réponse hormonale qui la corrige (adrénaline, cortisol) est celle qui réveille. C'est un des mécanismes les plus fréquents derrière le réveil de trois heures du matin.
Les trois se cumulent, et se corrigent avec les mêmes gestes : dîner trois heures avant le coucher plutôt qu'une heure, alléger le soir et déplacer le sucré vers le milieu de journée, arrêter l'alcool trois heures avant de vous coucher, garder la chambre entre 16 et 19 °C pour que la chaleur puisse partir.
Si vous portez une montre ou une bague, faites l'essai : comparez la fréquence cardiaque de deux nuits, l'une après un dîner tardif arrosé, l'autre après un dîner léger et précoce. L'écart se voit sans rien connaître à la physiologie.